L’IA en classe : guide pratique pour un enseignant chevronné

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Depuis plus de deux décennies, Jen Roberts, professeur d’anglais au lycée Point Loma de San Diego, s’est tournée vers la technologie éducative. Lorsque ChatGPT est apparu en 2022, elle n’y voyait pas une menace, mais une bouée de sauvetage. L’épuisement professionnel est endémique dans l’éducation et l’IA a offert un moyen de survivre et d’améliorer la charge de travail.

De l’épuisement professionnel à la percée : comment l’IA a changé l’approche d’un enseignant

L’expérience de Roberts met en évidence une réalité cruciale : les enseignants sont épuisés. La pandémie a amplifié ce phénomène, mais même avant cela, les éducateurs étaient aux prises avec des exigences toujours croissantes. L’IA n’efface pas comme par magie ces pressions, mais elle offre des outils d’efficacité et d’équité.

Roberts n’a pas attendu les directives officielles. Elle a immédiatement commencé à expérimenter, testant si l’IA pouvait accélérer les commentaires et garantir une notation cohérente. L’idée de base était simple : utiliser l’IA comme deuxième évaluateur. Lorsque le travail d’un élève reçoit des notes contradictoires de la part de deux évaluateurs humains, une troisième note est requise pour résoudre l’écart. Roberts a demandé : pourquoi ne pas laisser AI être ce troisième buteur ?

Commentaires plus rapides, meilleurs cycles de révision

L’avantage n’est pas seulement du temps gagné, mais aussi du temps de qualité. Plutôt que de se précipiter dans les commentaires, l’IA fournit des suggestions réfléchies tandis que les enseignants peuvent se concentrer sur des commentaires plus stratégiques. Les étudiants reçoivent leur travail en quelques jours au lieu de quelques semaines, ce qui conduit à des révisions plus fréquentes et plus efficaces.

Des outils tels que MagicSchool améliorent encore cela en permettant aux étudiants d’accéder immédiatement à des commentaires basés sur l’IA et basés sur des rubriques définies par l’enseignant. La rapidité de ce processus est remarquable : les étudiants peuvent répéter leur écriture plusieurs fois au cours d’une même période de cours.

Combattre la tricherie : une approche à plusieurs niveaux

L’inquiétude concernant le travail généré par l’IA est valable. Roberts aborde ce problème de front en combinant des mesures techniques et des mesures de dissuasion psychologique.

  • Historique des versions : Toute la rédaction est effectuée dans Google Docs, permettant aux enseignants de suivre les révisions.
  • Extensions Chrome : Les outils surveillent le processus d’écriture, et même l’enregistrement des lectures vidéo.
  • Évaluation par les pairs : Exiger des étudiants qu’ils présentent leur travail à des groupes de rédaction rend les soumissions générées par l’IA peu pratiques.

La stratégie ne consiste pas à attraper les tricheurs mais à démontrer que les enseignants sauront si l’IA est utilisée à mauvais escient. La transparence et les cas d’utilisation éthiques sont également essentiels : en montrant aux étudiants comment tirer parti de l’IA pour les commentaires, les plans et la structuration des phrases, ils sont moins susceptibles de s’en servir pour du plagiat massif.

Au-delà des plans de cours : l’IA pour la création matérielle et le soulagement cognitif

Le battage médiatique autour de l’IA générant des plans de cours complets est largement exagéré. Roberts trouve l’IA bien plus précieuse pour la création matérielle. Des outils tels que Brisk peuvent prendre en compte les devoirs de lecture existants, définir des objectifs d’apprentissage et générer des quiz interactifs pour évaluer la compréhension.

L’IA peut également transformer du texte dense en formats accessibles. En introduisant un mur de texte dans Claude d’Anthropic, les enseignants peuvent rapidement réécrire le contenu avec une clarté, un codage couleur et même des émojis améliorés. C’est important car des instructions claires conduisent à un meilleur engagement des étudiants.

Atténuer les préjugés humains : l’avantage méconnu de la notation de l’IA

L’avantage le plus négligé est peut-être la capacité de l’IA à contrer les préjugés des enseignants. Une étude de l’Université du Michigan a révélé une tendance inquiétante : les étudiants dont le nom de famille se trouve à la fin de l’alphabet reçoivent souvent des notes inférieures et des commentaires moins détaillés. Cela est probablement dû à la fatigue des enseignants et à des modèles de notation inconscients.

L’IA agit comme un contrôle d’équité. En croisant les scores générés par l’IA avec les évaluations humaines, les enseignants peuvent identifier les incohérences et garantir une notation plus équitable. Il ne s’agit pas de remplacer les enseignants, mais d’augmenter leur objectivité.

Précautions à l’intention des enseignants : la confidentialité et la sécurité des données avant tout

Avant d’adopter des outils d’IA, les enseignants doivent donner la priorité à la confidentialité des élèves.

  • Conformité COPPA et FERPA : Évitez d’utiliser des outils comme ChatGPT ou Claude directement avec les étudiants, car ils peuvent ne pas répondre aux normes fédérales de confidentialité. Optez pour des plateformes conformes comme MagicSchool ou Brisk.
  • Minimisation des données : Ne téléchargez jamais d’IEP (programmes d’éducation individualisés) entiers dans des systèmes d’IA. Au lieu de cela, isolez l’objectif spécifique que vous visez et demandez de l’aide sans révéler les données sensibles des étudiants.

L’essentiel

L’IA n’est pas une solution miracle pour l’éducation. Mais lorsqu’elle est mise en œuvre de manière réfléchie, elle peut atténuer l’épuisement des enseignants, améliorer la qualité du feedback et promouvoir une notation plus équitable. L’essentiel est de considérer l’IA non pas comme un substitut à l’instruction humaine, mais comme un assistant puissant.

L’avenir de l’enseignement ne consiste pas à craindre l’IA, il s’agit plutôt d’apprendre à l’utiliser efficacement.