Une percée dans la recherche sur la banane offre un espoir contre la menace d’extinction

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Le fruit jaune le plus apprécié au monde, la banane, est sérieusement menacé par une maladie fongique à propagation rapide connue sous le nom de flétrissure fusarienne ou maladie de Panama. Ce n’est pas un problème nouveau ; dans les années 1950, la maladie a anéanti la populaire variété de banane Gros Michel, obligeant les producteurs à se tourner vers la Cavendish – qui est maintenant attaquée. L’avenir de cette industrie de 140 milliards de dollars et la sécurité alimentaire de plus de 400 millions de personnes dépendent de la recherche de solutions.

La menace : la flétrissure fusarienne expliquée

La flétrissure fusarienne est causée par un champignon présent dans le sol qui bloque le transport des nutriments dans les bananiers, entraînant le flétrissement et éventuellement la mort. La souche la plus agressive, Sub Tropical Race 4 (STR4), affecte les bananiers des régions subtropicales, ce qui en fait une préoccupation mondiale. Le pathogène persiste dans le sol, ce qui signifie qu’une fois infectés, les champs peuvent rester inutilisables pendant des années.

Une nouvelle découverte génomique offre une voie de résistance

Des chercheurs de l’Université du Queensland en Australie ont identifié une région génomique clé chez les bananiers sauvages qui confère une résistance au STR4. L’équipe, après cinq années de sélection et de tests intensifs, a identifié un emplacement spécifique sur le chromosome 5 de la variété Calcutta 4 qui confère cette résistance. En croisant Calcutta 4 avec des bananes Cavendish sensibles, ils ont pu retracer les gènes protecteurs.

« L’identification et le déploiement de la résistance naturelle des bananiers sauvages constituent une solution durable et à long terme contre ce pathogène », explique le Dr Andrew Chen, co-auteur de l’étude publiée dans Horticulture Research.

Des gènes sauvages aux cultures commerciales

La banane Calcutta 4 elle-même n’est pas commercialement viable en raison de la mauvaise qualité des fruits. Cependant, cette découverte permet aux scientifiques de développer des marqueurs moléculaires pour détecter efficacement la résistance des plants de bananiers avant qu’ils ne présentent des symptômes d’infection. Cela accélérera considérablement les programmes de sélection, réduira les coûts et accélérera le développement de variétés comestibles résistantes aux maladies.

La prochaine étape consiste à créer des bananes non seulement résistantes à la fusariose, mais qui répondent également aux demandes des producteurs et des consommateurs. Les enjeux sont de taille : les bananes sont la quatrième culture vivrière la plus importante au monde, fournissant 15 à 27 % des calories quotidiennes à des centaines de millions de personnes, et 80 % des bananes sont consommées localement.

La collaboration avec l’industrie est essentielle

La protection de la chaîne d’approvisionnement de la banane nécessite un effort coordonné. Comme l’a déclaré Mohammad Abu-Ghazaleh, PDG de Fresh Del Monte Produce, l’industrie doit collectivement soutenir les producteurs et stabiliser la production pour empêcher les fruits – et les moyens de subsistance qu’ils soutiennent – ​​de disparaître. Cette percée est une étape cruciale vers cet objectif, mais une recherche, des investissements et une collaboration soutenus sont essentiels pour garantir un avenir où les bananes resteront facilement disponibles pour les générations à venir.