La confiance dans les recommandations vaccinales des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) a considérablement diminué parmi les Américains, selon un nouveau sondage Ipsos/Axios. Fin 2025, seulement 60 % des personnes interrogées faisaient confiance aux directives fédérales sur les vaccins, contre 71 % en juin 2025. Cette érosion de la confiance est particulièrement aiguë parmi les démocrates (chutant de 81 % à 66 %), même si la confiance a également diminué parmi les républicains et les indépendants.
Changement dans les préférences du public
Le sondage révèle une préférence croissante pour des conseils médicaux indépendants. Environ un tiers des Américains expriment désormais une plus grande confiance dans les recommandations vaccinales de l’American Academy of Pediatrics (AAP) que dans celles du CDC. Ce changement coïncide avec les critiques acerbes de l’AAP à l’égard des modifications apportées par l’administration Trump à la politique vaccinale américaine. Seulement 8 % des personnes interrogées sont favorables aux directives directement du CDC, malgré son rôle historique dans l’établissement des normes nationales en matière de vaccins.
Révision des politiques et érosion de la confiance
Depuis le deuxième mandat du président Trump, les responsables fédéraux de la santé ont annulé leurs recommandations concernant plusieurs vaccins essentiels, notamment ceux protégeant contre le COVID-19, l’hépatite B, la méningite à méningocoques et le rotavirus. Plus important encore, l’administration a remplacé les membres du Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP) par des individus favorables au scepticisme à l’égard des vaccins, dirigés par le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux de l’époque, Robert F. Kennedy, Jr.
« Cette perte de confiance a semé la confusion chez les parents qui, au milieu d’épidémies mortelles, ont dû prendre des décisions en matière de vaccination sans une source claire d’informations fiables. »
– Jennifer Nuzzo, épidémiologiste à l’Université Brown
Préoccupations croissantes concernant la rougeole et défis juridiques
Le déclin de la confiance du CDC coïncide avec une résurgence de maladies évitables, notamment la rougeole. L’inquiétude du public face à la rougeole a doublé depuis décembre 2024, passant de 18 % à 36 % des personnes interrogées. Le pays est sur le point de perdre son statut d’État exempt de rougeole, avec les taux d’infection les plus élevés jamais observés depuis avant l’éradication de la maladie en 2000. L’AAP et d’autres groupes médicaux ont récemment remporté une contestation judiciaire contre la refonte de la politique vaccinale de l’administration, bien que le ministère de la Santé et des Services sociaux ait l’intention de contester la décision.
L’impact des messages contradictoires
Les experts affirment que ces changements de politique et la confusion qui en résulte mettent en danger la santé publique. La fragmentation des conseils du CDC vers des groupes médicaux indépendants crée une incertitude pour les parents lors des épidémies. Comme le note le Dr Peter Chin-Hong de l’UCSF, un « chœur d’opinions » sape les efforts visant à encourager la vaccination. Le sondage souligne à quel point l’ingérence politique dans la santé publique érode la confiance dans les agences fédérales et complique les décisions cruciales en matière de santé publique.
Le déclin de la confiance dans les recommandations vaccinales du CDC est une conséquence directe des changements de politique et du démantèlement des processus scientifiques établis. Ce changement mine non seulement la santé publique, mais démontre également la fragilité de la confiance institutionnelle à une époque d’ingérence politique. L’absence d’un message clair et cohérent laisse le public vulnérable à la désinformation et aux épidémies évitables.
