Catalogue d’étoiles anciennes décodé avec la technologie d’accélérateur de particules

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Pendant des millénaires, les travaux d’Hipparque, l’un des astronomes les plus influents de l’histoire, sont restés en partie perdus dans le temps. Son catalogue détaillé d’étoiles, crucial pour comprendre l’évolution de l’observation scientifique, n’a survécu que sous une forme fragmentée, cachée sous des couches de texte écrasé dans un manuscrit médiéval connu sous le nom de Codex Climaci Rescriptus. Aujourd’hui, des chercheurs utilisant une technologie d’accélérateur de particules de pointe ont réalisé une percée, révélant des parties auparavant illisibles de cet ancien document.

Le défi des palimpsestes

Le Codex Climaci Rescriptus est un palimpseste : un manuscrit dont l’écriture originale a été effacée et remplacée par un nouveau texte afin de conserver un parchemin coûteux. Cette pratique, courante tout au long de l’histoire, crée un obstacle unique pour les chercheurs modernes. Bien que les méthodes traditionnelles telles que les traitements chimiques et diverses sources de lumière soient utilisées depuis des siècles, elles ne parviennent souvent pas à restaurer complètement le texte sous-jacent. Les techniques d’imagerie modernes, notamment celles utilisant le rayonnement synchrotron, offrent la vue la plus détaillée à ce jour.

Comment la physique des particules révèle le passé

Des chercheurs du Laboratoire national des accélérateurs du SLAC à Menlo Park, en Californie, ont utilisé un synchrotron, un type d’accélérateur de particules, pour pénétrer dans les couches du manuscrit. En accélérant les particules chargées jusqu’à une vitesse proche de la lumière et en les faisant circuler dans un champ magnétique, ils ont généré d’intenses faisceaux de rayons X. Ces faisceaux interagissent différemment avec différentes compositions d’encre : les encres plus récentes contiennent plus de fer, tandis que les encres plus anciennes de l’époque d’Hipparque laissent des résidus riches en calcium. L’imagerie aux rayons X a mis en évidence ces différences chimiques, permettant aux scientifiques de différencier et de décoder le texte effacé.

L’héritage d’Hipparque et les recherches en cours

Les premières découvertes, découvertes en 2021, ont confirmé la présence de noms de constellations et de mesures attribuables à Hipparque. La récente analyse synchrotron promet de débloquer encore plus de ses observations. Alors que le commentaire d’Hipparque et une carte des étoiles représentée sur l’Atlas Farnèse ont déjà fourni un aperçu de son travail, ce matériel récemment récupéré pourrait combler des lacunes critiques dans notre compréhension.

Les experts estiment que l’analyse complète du Codex Climaci Rescriptus offrira la collection la plus complète de données sur Hipparchus à ce jour. Cette découverte pourrait également régler des débats de longue date sur l’originalité des astronomes ultérieurs comme Ptolémée, révélant potentiellement si leurs travaux s’appuyaient sur ou compilaient directement les découvertes antérieures d’Hipparque.

“La grande promesse de cette idée du SLAC est qu’à partir d’une autre page de ce palimpseste, vous pourrez peut-être récupérer des quantités substantielles de texte [jusqu’alors inconnu].” – Bradley Schaefer, historien de l’astronomie à la Louisiana State University

La récupération du catalogue d’étoiles perdues d’Hipparque souligne le pouvoir de la recherche interdisciplinaire – combinant l’érudition classique et la physique avancée – pour éclairer les fondements de la science moderne.

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